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Florilèges, de l’autre côté

L’Attrape Couleurs – Lyon
2010
Acrylique sur toile

Des trois étapes de la fleur, Elisabeth Gilbert Dragic aime à représenter le dernier,...

…, quand le temps a fait son œuvre et que la fleur, alors fanée, raconte plus qu’elle ne parait.
Est-ce une ode au temps qui passe ? Assurément, mais c’est aussi une manière délicate d’ériger, à coups de grands formats tout de même, ces petits rien de notre existence.

Le temps semble accroché à chaque pétale avant qu’il ne succombe définitivement.

Cette fragilité florale, presque humaine au fond, rend évidemment hommage aux vanités des maîtres espagnols et hollandais du XVIIe ; mais la démarche d’Elisabeth apparait bien plus jusqu’auboutiste dans son rapport à la peinture. En effet, les fleurs fanées qui l’entourent à l’atelier subissent un traitement particulier : un bain furtif dans le pot de peinture blanche acrylique. Ce geste évoque l’embaumement, le rituel, une sorte de « taxifleurmie » par la peinture.
Le motif floral, paré de sa nouvelle robe acrylique est ensuite représenté sur la toile pour fixer cette relation entre sublimation et étouffement, qui mêle d’un seul geste ses deux univers : floral et artistique.

Marlène Girardin, historienne de l’art

 

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